Mémoire protestante

Les protestants de langue française au Québec

Des origines à nos jours, il y a toujours eu des protestants francophones au Québec. Ils ont spécialement contribué au développement de la société par leur apport à son économie et à ses valeurs d'ouverture et de tolérance.

Présents dès les premières heures de la Nouvelle-France avec Jean-François de la Rocque de Roberval, Pierre Gauvin, Pierre Dugua de Mons, les protestants français surnommés huguenots ont contribué à l’essor de la colonie par leur présence comme immigrants ou par la direction des grandes maisons de commerce de la fin du régime français. À la conquête anglaise, des protestants francophones ont servi les Britanniques car ils avaient l’avantage d’être de la religion du vainqueur tout en étant bilingues. D’autres ont contribué à l’instauration du régime parlementaire dans la colonie. On retrouve même des protestants de langue française élus au premier parlement en 1792.

Le protestantisme en langue française s’est propagé au Québec avec l’arrivée de nombreux missionnaires venus de Suisse et de France au début des années 1830 à la suite du Réveil religieux européen. Il s’est répandu un peu partout au Canada, même s’il a été en butte à diverses persécutions encouragées par un clergé ultramontain particulièrement intolérant. Les Franco-protestants ont très tôt été conscients de leur originalité et de leur histoire propre et lui ont consacré de nombreux écrits.

Avec le 20e siècle, alors que les Églises historiques déclinent, on voit surgir un peu partout au Québec divers groupements évangéliques préoccupés de placer les Écritures au centre de leurs communautés. Elles se sont multipliées et diversifiées. Elles continuent de croître et sont aujourd’hui bien enracinées dans leur milieu.

L’ouvrage de Jean-Louis Lalonde encore en librairie, Des loups dans la bergerie, Montréal, Fides, 2002, 460 pages, présente une vue d’ensemble de l’histoire du protestantisme de langue française au Québec.